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26/06/2013

Alerte Info ! nous sommes dans l'obligation d'arrêter (pour aujurd'hui) nos billets, car il vient de sortir .....

Oui il vient de sortir !

Mais qui vient de sortir ?
Mais qui vient de sortir ?
Mais qui vient de sortir ?
 
Le livre de Jean-Marc Guijarro !
 
En terme communication était il judicieux de sortir un livre
le jour des soldes ? 
Là est la stratégie de l'auteur.
 
"Partageons nos vécus"

30 invitations aux dialogues
Un livre de Jean Marc Guijarro,
le livre qui ne se solde pas. 
 
BRAVO il fallait oser et il a osé.

jean marc guijaro,patageons nos vécus, jean marc guijaro,patageons nos vécus,

pour en savoir plus cliquez sur
sinon laissez vos félicitations sur 

17/03/2012

Jean Vilar à dit "La culture, ce n'est pas ce qui reste quand on a tout oublié, mais au contraire, ce qui reste à connaître quand on ne vous a rien enseigné

Sète s'apprête à fêter les 100 ans de la naissance de Jean Vilar ....

Cette fête sera t elle un évènement culturel et populaire ?

Quand nous voyons la marchandisation d'évènements culturels tel que "voix vives" ..... ou même "la Saint Louis" ..... pour ne citer que ceux là.

Quand nous savons que l'indicateur de mesure pris en compte par la Municipalité c'est le nombre de repas pris dans quelques restaurants, permettez-nous d'en douter.

Nous intitulerons cet évènement : Jean Vilar ! Et si ce n'était pas ses vrais pas ?

Plus encore pour vous prouver que les Vicomtes de Brageole ne sont pas des machos, qui mieux qu'une femme pour faire parler les "pas de vilar" les vrais.

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Ne laissons pas célébrer Vilar, peinards,

accoudés aux comptoirs de vernissages mondains.

 

« Pour moi, le peuple, c’est mon père… »

J.V.

Il n’y a pas plus urgent, à l’occasion du centenaire de sa naissance, de rappeler les valeurs et les convictions – et les remises en cause - qui ont guidé la vie et l’œuvre de ce fils de boutiquier sétois de la rue Gambetta et qui, jamais, n’oublia cette origine-là.

« J’ai compris qu’il fallait d’abord savoir pour quel public on désirait jouer, c’est-à-dire travailler. (…) Il faut savoir pourquoi on fait du théâtre et en déduction, il faut savoir pour qui. Je sais, personnellement, pourquoi et pour qui je travaille : pour les classes laborieuses. Est-ce que cela n’est pas suffisamment clair ? » (1962)

C’est le bel héritage que nous lègue Vilar. Avec, en soubassement, une rigueur morale, une cohérence exigeante au service d’une vision du théâtre profitant à tous, du moins au plus grand nombre, le sortant de ses lieux confinés pour le mettre en plein vent, renouant avec ses sources grecques de fête populaire. Cela fut un travail constant, et ô combien tenace, en s’appuyant sur les réseaux associatifs de l’époque, les groupements de jeunes, d’ouvriers, d’employés.

A partir de là… que chacun, que chacune juge si, en matière de politique tout court, de politique culturelle ou de pratique personnelle, ceux qui aujourd’hui font de Vilar leur propre étendard sont en capacité de le porter bien haut, dans ces lieux de culture devenus des couloirs du pouvoir.

Qu’aurait pensé Vilar en entendant des maires de cités balnéaires parler de culture comme « vitrine touristique » d’une ville ?

Qu’en aurait-il pensé ? Il suffit de le lire :

« Où nous conduit cette festivalomanie, (…), cet orgueil des cités à vouloir être autre chose qu’une ville d’eau ou une ville du vin (…) ? (A propos du festival d’Avignon) Voilà que son prestige même n’a servi qu’à l’inclure dans un service de tourisme entre les eaux de Vichy, les pin up de Cannes, les fleurs monnayées de Nice. (…) Moi, je veux bien. Mais je suis peut-être un peu en droit de ne pas être d’accord. (…) Je quitterai Avignon le jour où on croira bon de créer un festival en toute ville historique. Et non pas, parce que la concurrence est dangereuse, mais parce que cela prouvera que l’on nous a mal compris. » (1950)

« Il s’agit maintenant de savoir si ces festivals ont fait leur temps. (…) Il s’agit de savoir ce qu’ils ont désormais dans le ventre. (…) Que représentent ces festivals de l’été aux yeux du public ? Tourisme ? Passe-temps d’un soir ? Nuit d’été dans des enceintes historiques ? Beaux costumes dans des éclairages ad hoc ? Esthétisme des petits loisirs ? Shakespeare en veux-tu-en-voilà ? Perception des taxes municipales ? Accroissement des recettes des commerçants ? Tout le monde est heureux, tout le monde se réjouit, c’est parfait. Cependant, est-ce que les festivals n’ont d’autre ambition que de faire désormais partie de la panoplie du bonhomme moderne : frigidaire, télévision, 2 CV ? (…) Il (l’artiste) ne joue bien son rôle, il n’est utile aux hommes que s’il secoue ses manies collectives, lutte contre ses scléroses, lui dit comme le père Ubu : merdre ! » (1964)

Car pour Vilar, Avignon n’a existé que par défaut, parce qu’il n’y avait plus de théâtre de tréteaux, parce que le théâtre s’était enfermé et qu’il voulait, à toutes forces, retrouver un public populaire. Pour ce faire, il a multiplié les tournées et les représentations du TNP (Théâtre national populaire) et a fait d’Avignon un lieu « d’humanisme concret » comme il le souligne, lorsqu’il évoque les Rencontres internationales de jeunes qui s’y tiennent depuis les débuts, en 1947.

Si chacun, qui se réclame aujourd’hui de Vilar, pouvait méditer son témoignage profondément, véritablement, en se demandant quel a été, quel est et quel sera son rôle pour mettre en œuvre dans sa propre vie les convictions que portait Vilar plutôt que de les détourner à des fins de basse propagande et de vœux plutôt vains… ce serait beau… et cela bouleverserait radicalement le « paysage culturel ».

Et ce serait un autre monde que celui dans lequel nous vivons, où la culture est devenue outil de promotion sociale, de distinction personnelle et de séparation des classes. Où l’on se trimballe de vernissages en coquetails, dans le chaleureux entre-soi de ceux qui ont fait de la culture leur rempart et non, comme ce fut le cas de Vilar, un sacerdoce exigeant, pauvre et, tout compte fait, peu gratifiant dans sa quête d’une culture populaire

« comme entraide et non comme aumône ».

A Sète, où l’on se prépare à « célébrer dignement » ce centenaire, j’entends dans un bar : « Nous on s’en fout, mais pour ceux de la culture, c’est un gros projet ». Dans ce « nous », j’entends « peuple ». Dans « culture », j’entends un autre monde, éloigné, distinct. Distingué. Ce que Vilar nous a appris, doit continuer à nous apprendre, c’est à ne jamais se satisfaire de cette distinction :

« Il s’agissait, dans la société divisée de ce temps, de retrouver non pas un auditoire, mais un public ; non pas des snobs et des intellectuels, mais la foule. (…) un public de toutes les classes, de tous les horizons sociaux. » (1948)

Le travail reste à faire. Sans relâche. Voilà ce qui doit être au cœur et à l’esprit, quand on fait « œuvre de culture ». Ces traces vilardiennes ne resteront vives qu’à la condition qu’elles soient labourées par des gens honnêtes, d’abord envers eux-mêmes, et qui savent la tâche ardue. Car il faut rappeler que Vilar fut attaqué de toutes parts, rama toute sa vie à contre-courant, et mourut dans un relatif abandon.

« On voudra bien admettre qu’il est extrêmement ingrat d’être responsable pendant douze ans d’un théâtre populaire et d’une culture populaire par le théâtre au sein d’une société qui, de toute évidence, ne l’est pas. » (1963)

Alors… tant mieux si Vilar, à l’occasion du centenaire de sa naissance, revient au goût du jour… Tant mieux. A condition que chacun, qui a « affaire de culture », y voit l’occasion de réfléchir à sa propre pratique. A condition que la célébration de cette naissance ne soit pas l’enterrement de première classe des valeurs qui ont animé sa vie entière.

Hélène Morsly

Sète, mars 2012

Les citations sont extraites de :  « Le théâtre, service public », Jean Vilar, Gallimard, NRF, 1975, réédité en 1993.

Pour en lire plus, voir sur le site d’Hélène cliquez : http://www.helenemorsly.fr/vilar.htm

27/01/2011

Sète sauvée des eaux ?

Sète la conviviale, Sète la festive, Sète la singulière, Sète la presqu'île, Sète flottait entre la Méditerranée et la lagune de Thau, en ce temps là Sète était une zone humide.

Sète en l'an 2000 était simplement belle

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A Sète nous avions tout pour vivre heureux et cachés derrière les murs de béton du cap d'Agde et de la grande motte.

Sète était unique, remarquable, ensorceleuse. Son économie partagée était à la mesure de sa singularité.

Sète, son Port, ses canaux, ses joutes,

Sète et ses piscines, sa mer, ses plages,

Sète et ses Musées, son théâtre Molière, son théâtre de la Mer Jean Vilar

Sète et ses places publiques,

Sète, sa culture et ses beaux-arts, ses artistes,

Sète, ses clubs sportifs, ses exploits,

Sète, ses halles, ses marchés, ses puces dominicales,

Sète et son hôpital

Sète et sa Médiathèque,

Sète, son cimetière marin, son molle saint louis,

Sète, Saint Clair, les Pierres Blanches

Sète, sa faune, sa flore, sa biodiversité,

Sète et ses crèches, ses maternelles, ses écoles, ses collèges, ses lycées

Sète, ses bacheliers et leurs voyages à New York .....

Sète et sa cuisine,

Sète et ses quartiers véritables écoles de vie authentiques.

Et tout d'un coup plus rien !

Voilà qu'on nous explique que Sète est endormie, que Sète n'est pas belle, que Sète n'a pas le bon standard ..... que Sète va se noyer

Sète c est de la merde, Sète doit changer, se faire tirer les peaux, Sète doit sortir la tête de l'eau et assécher ses zones humides

Sète c'est pas vendeur. Sète doit se préparer pour la grande braderie de 2010 !

10 ans après Sète ne donne plus envie d'elle

Attention certaines images peuvent choquer les enfants.

Pour les regarder, comme d'ab cliquez dessus

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un copain nous a répété que quelqu'un d'autre avait dit :

 "a force de trop se faire trop tirer la peau,

 quand on cligne de l'oeil on ouvre son trou du c.."

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Après lecture de ce billet

 merci de bien vouloir faire une minute de silence

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09/12/2010

Mais qui sont ces généreux donateurs ? et pourquoi tant de générosité ?

La politique culturelle de la municipalité sétoise n'a pas de prix. (des millions d’€uros)

Les musées, les expos, les "festivaux" sont un véritable développement économique.

Tous les budgets sont à la hausse, le chômage et les impôts aussi.

Le service public lui est à la baisse et ce n'est pas fini.

Mais qui sont tous ces généreux donateurs qui ont décidé d'aider notre Maire à combler les budgets.

Exposition Dufy et son bilan flatteur : 40000 € sont versés par des partenaires privés.

Voix vives et ses très chères poésies : 95000 € sont versés par des mécènes et la Directrice du festival Maïthé Vallès-Bled a travaillé gratuitement .....(peut on travailler gratuitement pendant ses horaires de travail : that is the question)

l'Espace Brassens et ses succès à tous niveaux n'a eu aucun soutien

Le Miam avec son art modeste et son budget qui ne l'est moins à reçu 80000 € de mécénat.

OUI OUI OUI OUI les mécènes ne son pas fans de Georges, mais aiment Sète et sa culture €uro-logique.

Tout Sétois devrait avoir devant ses yeux la liste de ces Généreux Donateurs. Pourquoi ? pour les saluer dans la rue, et pour les remercier de faire de Sète la capitale culturelle de l'étang de thau.

Nos responsables disent que l'orientation culturelle de la politique municipale a créé quelques tensions incompréhensibles ......

C'est vrai le Sétois de Base râle.

Il râle parce qu'il ne comprend pas pourquoi ces mécènes qu'il ne connaît pas aide cette ville avec tant de générosité.

Selon le Larousse, un Mécène est une personne qui aide financièrement, par goût des arts, un artiste, un réalisateur, un savant, un organisme de recherche .....

La vraie question que le sétois se pose est la suivante :

Est-ce que pour nos mécènes Sétois l'art est une affaire de goût ? ou bien est ce que pour nos mécènes sétois l'art a le goût des affaires.

Cette photo intitulée la tâche, oeuvre d’un artiste Sétois méconnu, est à vendre.

 Si un Mécène est intéressé, qu’il se manifeste.

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10/10/2010

La littérature fait son Marché !

Nous l'avions revendiqué depuis le mois de Juillet :

 Les Halles doivent être rattaché à la culture.(cliquez pour savoir)

C'est chose faite.

Autom'Halles le 1° Salon Littéraire

Halles de Sète

Les 16 et 17 Octobre 2010

Après les 40 de Midi Libre qui font bouger la ville

 voici les 42 qui font bouger la Littérature

CLIQUEZ SUR LE PROGRAMME

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Autom'Halles 2010 001.jpg

P U B

Dans les halles de Sète venez  déguster au Diégo Café le meilleur café de Sète et le moins cher

15/08/2010

6° Episode de Sète et les chichois de l'été ! Bouillon de Culture à la Sétoise

Dans le 5° épisode des chichois de l'été nous avons abordé la souffrance muette de l'anchois, et vous amis lecteurs, avez dérivé vers un bouillon de culture.

En abordant les débords municipaux sur la culture, les traditions, et notre folklore ! peut être que ce billet se terminera en soupe de requins.

Tout d'abord, avec 32049 spectateurs les voix vives de Maïté Vales Bled talonnent les créations d'emplois de Christine Lagarde (36000) et font mieux que le lundi de la Saint Louis à 17 h .... en nombre de spectateurs (hors télévision) !

voix vives presse 2010 008.jpgvoix vives presse 2010 009.jpg

Ensuite, la salle des joutes qui sert de décoration dans le couloir du premier étage de la Maire ! Curieuse exposition, Drôle de tradition, et quel manque de respect .......... pour la culture sétoise. (c'est le journal local qui répond à la place de Monsieur Le Maire)

musee paul valery salle des joutes 001.jpg

A moins que ..... les joutes retournent au Musée Paul Valéry si l'on considère que le panneau de la grille d'entrée est d'actualité !

Musee paul valery DSC03311.JPG

Après il y a le MIAM .... et le glouglou, nous entendons dire par-ci par-là que son fonctionnement actuel est remis en question .... (trop cher, c'est la Mandroune qui nous l'a dit)

Et l'ex-école Victor Hugo qui abrite Tchouche et qui ne loge pas Carlouche ? C'est pour quand cette grande maison de l'abri-culture du quai des moulins annoncée pendant la campagne des municipales ?

Et le feuilleton de l'année ? celui que l'on peut suivre sur la page locale du Midi Libre, (notre hébergeur préféré) Il parait qu'une maison de retraite sétoise recherche un traducteur qui parle le Mercrossois. (CDD pour le début, CDI si 36 épisodes supplémentaires.)

Et nos écrivains Sétois ? (enfin presque sétois)  ne les oublions pas !

Gaston Macone

Chronique d'un siècle tome 2.jpg
Jean Jacques Gény et 24 co-auteurs
sete au coeur des mots et des couleurs.jpg
Bretzel Desète
bretzel de sete Mes chers sétois.jpg
Renée Biascamano
Le quartier haut des années 50.jpg

 Et la Saint Louis ? dans un cadre tellement aseptisé, qu'un sétois n'y retrouverait pas ses racines. (principe de précaution ou engrenage de la médiatisation)

Saint Louis Avant

Saint Louis 1900 000_001[2].jpg

Le cadre Aujourd'hui

Saint Louis 2010 IMG_0202.JPG
Allez nous vous souhaitons un bon appétit pour ce bouillon de culture
N'oubliez pas pour agrandir un article ou un photo cliquez dessus

14/05/2010

ImageSingulières c'est parti jusqu'au 30 Mai 2010

Depuis hier soir, à Sète, le rendez vous photographique "imageSingulières" à démarré.

 http://www.imagesingulieres.com/

 imagesingulières 2010.jpg

Malgré 14 expositions, 9 lieux, 3 soirées de projection, des rencontres, des signatures de livres .... et près de 3 semaines d' ImageSingulières à Sète,

Vous ne verrez pas (clin d'œil à gilles Favier photographe-jouteur)

- la photo du lampadaire du Quartier Haut de Sète

(ce lampadaire à disparu dans le courant du mois d'août 2009 - enlevé par les services municipaux)

promesses dangereuses lampadaire modif.JPG

 - la photo de la chambre « off » de la rue Jean Vilar

Matelat chambre off SP_A1083 modifiée.JPG

 - et bien d'autres photos que nous ne diffuseront pas pour éviter la concurrence.

Comme d'hab ... pour agrandir les photos, cliquez dessus !

12/05/2010

Le Quartier Haut de Renée Biascamano (séquence Pub)

Comme le souligne Midi Libre, la sortie du livre "Le Quartier Haut dans les années 50" écrit par Renée Biascamano est prévue le 14 Juillet. Un bon moment de lecture avec des souvenirs d'enfance, des anecdotes, des personnages ......

Cliquez sur l'article pour l'agrandir

Biascamano Renée ML du 12 Mai 2010.jpg

  Vous pourrez souscrire avant cette date

 en remplissant le bon de commande ci-après.

cliquez dessus pour l'agrandir

Biascamano Renée bon de commande Quartier Haut.jpg
Avec le bon de commande joindre un chèque de 15 € à l'ordre de Comco Edition 31 Rue du Doyenné 69005 Lyon
téléphone 04 78 92 82 01
Télécopie 04 78 42 80 69

15/04/2010

LA culture Qu'es aquo ?

Par Honorine Causette

Quand un vicomte, récemment (il y a quelques mois…), me demandait au bistrot ce que je pensais du futur festival Voix vives qui doit voir le jour à Sète cette année, je lui ai dit que ce qui se faisait à Lodève précédemment était vraiment très alléchant, que chaque programmation me donnait envie d’y aller et qu’on ne pouvait rien en dire de mal. Rien.

 “Ce que ça coûte ?” Ah, oui… ce que ça coûte… “Et pour qui ?”… “Oui, bon, d’accord” je lui ai dit, “mais ça c’est une autre histoire… c’est l’histoire de LA culture, du politique qui fait son marché dans le marketing de LA culture… et ça c’est un peu long comme histoire”.

Alors le vicomte m’a dit : “t’es pas Honorine Causette des Vicomtes de Brageoles pour rien. Ecris-là, l’histoire. On a un blog : on la mettra dedans.”

La culture est un mot nouveau, en fait. Enfin, LA culture. Toutes les collectivités locales ont désormais leur politique culturelle, essentiellement faite de festivals et de soutiens à quelques initiatives portées par des artistes du cru. Avant, il n’y a pas si longtemps, LA culture n’existait pas. On parlait d’éducation du peuple, d’éducation populaire, d’émancipation collective des individus ; puis on a parlé d’animation socioculturelle parce que “éducation”, “peuple”, c’était un peu gros comme mots et vachement ambitieux comme projet ; puis le “socio” a sauté, cela faisait pouilleux un peu, on a gardé “animation culturelle” ; puis animation ça a fait plouc aussi… et, pouf (je résume), au tournant des années 80, c’est devenu LA culture. A laquelle il ne fallait pas toucher, sinon on devenait aussi ploucs que le socioculturel d’antan. Voire pire, réac, de droite… que dis-je… crypto-fasciste, même. L’horreur.

 Alors on n’a plus rien dit. On a fait le dos rond et on n’a plus osé rien dire quand tout, et avec n’importe quoi, est devenu “culture” pourvu qu’un artiste “accrédité” signe l’oeuvre en dessous, en la vendant au prix fort, c’est beaucoup plus crédible. Le politique (au sens pas noble du terme) a compris son intérêt dans l’affaire. Fallait, pour faire “branché”, ouvert aux nobles idéaux, et développer une “image attractive”, s’intéresser à LA culture. Pas celle qui faisait le miel de tous ces centres sociaux, maisons des jeunes, foyers ruraux, etc., tout au long des mois et des années, pas celle qui avait pour but cette émancipation de tous par l’apprentissage d’une vie collective au travers de pratiques sportives et culturelles.

 Non, LA culture.

 LA culture indépassable. Celle qui élève l’âme… Si on y accède. Si on n’y accède pas, il reste toujours TF1. Et alors la culture est devenu un mot “chiant”. Tout était culture et plus rien ne l’était, on était perdu, on ne savait plus où aller. Y en a qui sont restés devant TF1, du coup. Beaucoup. D’autres qui sont allés de festivals en festivals s’élever l’âme, pour un plaisir personnel qui n’avait plus grand chose de collectif. Et d’autres ont décidé d’en faire à leur tour, de LA culture, parce qu’y a pas de raison, non plus... Mais, en devenant un mot chiant, LA culture est devenue un enjeu. De pouvoir et d’argent.

Ça ne regardait plus vraiment le populo, cette affaire : ça c’est magouillé entre professionnels de la profession, politiques locaux, ministère concerné, artistes et “médiateurs culturels” de tous ordres. Une affaire de subventions qui tombent là où ailleurs, suivant le vent qu’il fait et la mode du moment. Une affaire de “marketing”.

LA culture, ça a commencé à faire joli. Un peu comme de l’éclairage sur un bâtiment public : LA culture en décor, ça fait venir le visiteur et c’est bon pour le commerce, ça donne une bonne “image”. Une image…

De temps en temps, quelques-uns ont dit : “et le public ?”. Ben oui… entre temps, avec la mise à mort de l’éducation populaire, le peuple était devenu “public”. Assez restreint, faut bien le dire, question de moyens et de désir aussi… Pourquoi aller découvrir ce que l’on ne connaît pas quand on n’a pas créé de désir ? Mais bon, c’est une autre question, ça… Bref : en devenant un gros mot incontournable, LA culture est restée le privilège de quelques-uns. Quand, dans les maisons des parents des années 60 et 70, il était bon d’avoir quelques dizaines de livres dans une petite bibliothèque, il n’en restait plus qu’une vingtaine dans les années 80. Et les parents d’aujourd’hui… ben, dans le meilleur des cas, ils ont une jolie télé et disent à leurs enfants : “c’est pas la peine que tu le lises, ils en ont fait un film”. Voilà. Soit on se satisfait de ça et on se dit que l’essentiel c’est que nos salles de théâtre soient remplies, soit on garde au cœur ce désir de l’émancipation du peuple, d’une éducation culturelle qui est aussi une éducation politique et on est bien dans la merde, isolé et souvent malheureux.

Malheureuse en l’occurrence.

Voilà, cher Vicomte, un peu tardivement, cette triste petite histoire et croyez-moi toujours votre fidèle Honorine Causette.

theatre de la mer.jpg
Sète "le théatre de la Mer"

13/03/2010

Le chanteur Jean Ferrat est décédé samedi en Ardèche à l'âge de 79 ans


Jean Ferrat - C'est Beau La Vie
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17:49 Écrit par les Vicomtes De Brageole Sète dans Actualités, Blog, Livre, Musique | Tags : jean ferrat | Lien permanent | Commentaires (28) |  Imprimer |  Facebook | |