Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

17/11/2017

Une Marina pour qui ? pour quoi ?

 

sete,marina,epr

 

Tout ce qui touche financièrement, structurellement et sociologiquement à notre belle ville de Sète nous intéresse. Nous suivons de près et avec intérêt le travail du Collectif une Marina pour qui ? pour quoi ? Nous avons jugé bon de diffuser la pertinence du questionnement que nous avons récupéré sur leur page Facebook.

Ces questions ont été posées mardi dernier au cours d’un entretien de 3 heures avec les représentants de l’EPR.

A Suivre ….. Après le rendu de ce soir …. !

 

Liste des questions posées à M. Gayssot, président de l’EPR Port Sud de France

Collectif "une Marina Pour Qui ? Pour Quoi ? Mardi 14 Novembe 20017

 

Mardi 14 novembre 2017, quatre membres du collectif “Une marina: Pour qui? Pour quoi?” ont rencontré trois représentants de l’EPR Port Sud de France, dont M. Gayssot, le président de l’EPR. Voici les différentes questions que nous leur avons posées, elles ont été recueillies lors des deux réunions publiques organisées par le collectif, et complétées par des recherches sur les différents enjeux de ce projet.

Vendredi 17 novembre, à 18h30 au Samary (1 quai commandant Samary), nous restituerons publiquement les réponses obtenues de la part de l’EPR à ces questions.

  1. Opérateur choisi et financement
  • L’appel d’offre et la réponse de IGY Marinas :

- Quand avez-vous publié l’appel d’offre pour la marina ?

- Combien de réponses avez-vous obtenu ? Quels sont les autres opérateurs qui ont répondu ?

- Pourquoi avoir choisi le groupe américain IGY Marinas ?

  • Montage financier :

- Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne le partenariat avec P&O Marinas « qui contribue notamment au financement » (article Mer et Marine, 22/09/2017) :

- P&O s’est engagé à investir 4 millions d’euros, comment se répartit le budget ?

- De son côté, combien investit le port et pour financer quoi ?

- Quelles sont vos prévisions en terme de retombées financières pour l’EPR ? Espérez-vous que ce projet de marina redresse le bilan financier de la fermeture de la Saipol ?

  1. Contenu du projet : clients ciblés et aménagements
  • Clients/plaisanciers ciblés ?

- Pourquoi cibler des « méga-yachts » de 45 à 100m (Midi Libre, 02/10/2017) ?

- Quel sera le prix de location de l’anneau ?

- Les locations sont versées directement à IGY Marina qui est censé reverser une redevance à la Région : de combien sera-t-elle ?

  • Objectif : des navires en hivernage seulement ?

- L’objectif est-il seulement de recevoir des équipages, et non des propriétaires ?

Ce qui a été dit dans la presse emmène à penser qu’il s’agit bien de créer une nouvelle destination pour les propriétaires de yachts :

Tom Mukamal, directeur général de IGY Marinas: « Nos clients ont des formations de haut niveau et voyagent couramment, ce qui implique pour notre marque de répondre à leur demande de séjour dans des sites uniques et les plus recherchés, avec des possibilités d’escales flexibles »

Sultan Ahmed Bin Sulayem, PDG de DP World : « nous serons en mesure de proposer les meilleurs services aux propriétaires et opérateurs de super-yachts, en créant des destinations répondant aux aspirations des fans du yachting »

(Extraits de Mer et marine, 22/09/2017)

- Si uniquement pour l’hivernage, pourquoi en plein cœur de ville, considéré comme un emplacement attractif, attirant pour les plaisanciers ?

  • Aménagements :

- 10 500 m2 de terre-plein : quels aménagements sont prévus ?

- Le quai sera-t-il privatisé et inaccessible aux habitants ?

- Quels dispositifs de contrôle, surveillance sont prévus ? (caméras, vigils)

- Vous annoncez une nouvelle aire d’avitaillement en carburant : où sera-t-elle placée ? combien cela va coûter ?

- Avitaillement en eau de la marina : rattachement au réseau d’eau potable de la ville ?

  • Achat d’un élévateur pour bateaux de grande dimension (Midi Libre, 17 octobre):

- Combien de tonnes pourra-t-il soulever ?

- Combien cela coûte et qui paye cet achat ?

Rappel : les pêcheurs réclament un élévateur depuis 2 ans, pouvant soulever 200 tonnes (suffisant pour les bateaux de pêche). L’élévateur prévu par l’EPR serait de 400 tonnes (largement au-dessus des attentes des pêcheurs).

- Où sera-t-il placé ?

Au carénage du Mole Saint Louis, y a-t-il vraiment assez de place pour une grue aussi grande ? Idée de faire des terres plein pour gagner sur la mer : l’autorisation de l’Etat ne va-t-elle pas poser problème ?

  • Quel est le calendrier prévisionnel des travaux ?
  • Proposition alternative : il n’y a pas de zone technique pour répondre aux besoins des armateurs, qui sont obligés d’aller ailleurs (la Ciotat, Marseille) pour faire réparer leurs bateaus, est-ce qu’on ne pourrait pas investir dans ce genre de projet qui profiterait davantage aux acteurs économiques locaux ?
  1. Emploi et retombées économiques
  • 200 emplois sont annoncés dans l’interview donné à Midi Libre le 17 octobre 2017:

- Quels emplois précisement ?

Est-ce vraiment une opportunité pour l’emploi local sachant que les bateaux ont leur propre équipage ?

- Des emplois de pilotes ou lamaneurs ?

Pilotage obligatoire dans la zone de compétence de la station de pilotage de Sète pour les bateaux d’une longueur supérieure à 55m (site internet station de pilotage maritime de Sète). Actuellement la station compte 6 pilotes (+1 en formation), et 5 marins qui s’occupent des vedettes. Combien d’emplois de pilotes créés ?

Le service de lamanage (opérations d’amarrage) est-il également obligatoire pour les grands bateaux ? (10 lamaneurs actuellement) ?

  • Prévoit-on une politique de formation pour recruter au niveau local ?

Yachting Lodge, conciergerie de yachts installé à Sète peine à recruter en local des capitaines : « Ceux qui se présentent n’ont pas les compétences pour piloter un bateau de 30m » déplore Jean-Louis Cousin, dirigeant de la conciergerie. « De plus, ils sont titulaires de diplômes qui ne permettent pas de les embarquer sous pavillon étranger »

Rappel : Des projets antérieurs devaient créer des emplois : Pajot, le Défi Suisse. Au final nous n’avons pas eu de retombées positives

  • Retombées dans l’économie locale :

- Quelles retombées précisément ? Que vont consommer les propriétaires de yachts au niveau local ?

« 10% de la valeur d’un navire est ventilé dans l’économie locale » (Midi Libre, 02/10/2017) pour l’entretien et la réparation

Mais, il existe de nombreuses sociétés spécialisées dans l’entretien, la réparation et la maintenant des yachts. Comment imaginer que les propriétaires de yachts ne font pas faire appel à leurs partenaires habituels ?

  • Pourquoi choisir de développer la plaisance et non pas la pêche, alors que la plaisance semble en baisse d’activité ?

On a vu qu’il y avait une baisse de l’activité de plaisance : -35,4% de forfait été, et -41% du nombre d’escale.

Alors que l’activité pêche est en progression (chiffre d’affaire de la criée de +20% : le tonnage vendu a progressé de 16%, + activité de vente de glace, location de bacs) : pourquoi ne pas poursuivre plutôt les investissements pour la pêche ?

Source : rapport du conseil portuaire, réunion du 8 novembre 2017

  • Les côtes françaises attirent-elles encore les yachts ?

« Le secteur torpillé par la fiscalité » (dossier spécial Grande Plaisance, Méridien Mag, avril 2014)

- En 2014, la France est obligée de supprimer l’exonération de TVA appliquée jusqu’alors à la location de yachts commerciaux utilisés à des fins d’agrément (décision de la Cour de justice européenne).

« La TVA est redevable dans le pays d’embarquement. Les yachts vont désormais embarquer ailleurs, notamment en Italie où la fiscalité est plus avantageuse » (Frédéric Verrons, animateur métier Grande Plaisance pour Superyachtfrance, dossier spécial Grande Plaisance, Méridien Mag, avril 2014)

- Idem pour la taxe sur les carburants : depuis 2017, nouvelle réglementation sur la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques

« En allant en Italie, où les taxes sur le gazole maritime sont moins importantes, un yacht de 42m peut faire une économie de 21 000 euros sur un plein. Tout richissime qu’ils sont, les propriétaires n’ont pas hésité longtemps pour mettre le cap à l’Est ». « Depuis le début de l’année, le nombre de yachts ravitaillés en carburant par nos soins a chuté de 50%, voire de 70% pour les unités commerciales sous pavillon non-européen » (calcul de Riviera Yachting Network, qui regroupe plus de 90 entreprises de la filière, article du journal Var Matin, 4 août 2017)

- Etant donné que le coût du travail a aussi augmenté, peut-on vraiment s’attendre à ce que des marins résidents en France soient recrutés ?

Depuis 2017, obligation de cotiser à la sécurité sociale pour les marins résidents en France (qui auparavant, n’avaient ni sécurité sociale, ni assurance, ni chômage du fait de leurs contrats de travail établis dans les pays d’origine des bateaux).

- Les yachts sont-ils soumis à des impôts locaux ? (taxe foncière, taxe d’habitation)

  1. Les conséquences sociales et environnementales
  • Conséquences sur les prix de l’immobilier :

- L’arrivée d’une clientèle très fortunée ne risque-t-elle pas de faire bondir les prix de l’immobilier, contraignant les populations du centre ville à aller se loger ailleurs ? + disparition des commerces de proximité, remplacés par des boutiques de luxe

Ce processus de gentrification s’observe dans de nombreuses villes ayant accueilli des marinas pour yachts de luxe, il est donc légitime de s’en inquiéter : « Pour attirer cette clientèle richissime, la montée en gamme de la ville s’opère à travers différents leviers : la rénovation de la ville et des espaces publics, l’offre d’hébergement et la promotion du territoire » (Stéphan Rossignol, maire de la Grande-Motte, citation extrait du dossier spécial Grande Plaisance, Méridien Mag, avril 2014)

- Prévoyez-vous des mesures ou des actions particulières pour empêcher ce type de processus ?

  • Qualité environnementale du projet :

- Avez-vous fait une étude d’impact environnemental pour ce projet ?

Dans l’appel d’offre pourvue par IGY Marinas, la qualité environnementale du projet n’apparaît pas du tout comme une priorité (5 sur 100).

- Peut-on s’attendre à de nouvelles pollutions, notamment des milieux marins ?

Rapport « La grande plaisance dans les sites Natura 2000 de Méditerranée, produit par l’antenne méditerranée de l’Agence des aires marines protégées : rapport qui pointe les impacts négatifs sur l’environnement, en particulier sur les fonds marins. « Ces impacts ont de multiples conséquences : diminution de la biodiversité et des ressources halieutiques, érosion des plages, prolifération d’espèces envahissantes, ou encore dégradation de la qualité de l’eau ».

- A-t-on prévu les infrastructures nécessaires pour récupérer et traiter les eaux noires et grises des bateaux, les eaux de balaste ? Si oui lesquelles ?

- Quels dispositifs sont prévus en cas d’accidents et/ou d’incendies en mer ou au port, afin de gérer les pollutions aux hydrocarbures et les interdictions de baignade ?

  • Pollution de l’air et nuisances sonores :

- Peut-on s’attendre à de nouvelles pollutions de l’air ? Combien de CO2 un yacht émet-il ?

- Une piste d’hélicoptère est-elle vraiment prévue comme indiqué sur la photo ? A-t-on mesuré les impacts en terme de pollution de l’air ?

Un vol en hélicoptère représente la plus importante pollution en CO2 par personne (600kg de CO2 par heure.)

Un hélicoptère représente une nuisance sonore de 105 décibels, décuplées par la résonnance sur les immeubles en ville (105 décibels est 50% plus bruyant qu’un marteau-piqueur)

- Quelles sont les réglementations concernant le vol d’hélicoptères en ville ?

- Peut-on s’attendre à d’autres nuisances sonores liées à l’intensification du trafic des bateaux ?

  • Conciliation avec les usagers actuels du quai et de l’espace maritime :

- L’intensification du trafic en mer ne risque-t-elle pas de créer des conflits avec les usagers actuels de l’espace maritime, et notamment les pêcheurs ?

En 2011 sur la côte cannoise, ces derniers dénoncent les conséquences du yachting sur leur profession et le milieu marin ;

- Comment allez-vous organiser le déplacement de bateau pour Escale à Sète et pour les paquebots ?

« l’opérateur principal s’est d’ailleurs engagé à faire place nette tous les 2 ans pour la tradition maritime escale à Sète ainsi que pour les escales de paquebot de croisière prévues sur les quais d’Alger et du Maroc jusqu’en 2022 » (Midi Libre, 02/10/2017)

  • Débat public :

- prévoyez-vous un débat public, des réunions avec les habitants autour de ce projet ?

- Si oui, s’agit-il de simple information ou d’une réelle participation à la définition du projet ?

15:59 Écrit par les Vicomtes De Brageole Sète dans Blog, Economie, grands chantiers, Nature/Environnement, patrimoine sétois, Port de sete | Tags : sete, marina, epr | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.